Le bâti lillois n'a pas d'équivalent dans la métropole. Le Vieux-Lille aligne des immeubles des XVIIe et XVIIIe siècles en brique et pierre, dans un périmètre où l'Architecte des Bâtiments de France a son mot à dire sur tout ce qui se voit depuis l'espace public. Wazemmes, Moulins et Fives déroulent des rangées de maisons ouvrières de la fin du XIXe, larges de trois à cinq mètres, souvent sans jardin. Vauban-Esquermes et Saint-Maurice-Pellevoisin mêlent maisons bourgeoises et petites copropriétés. Chacun de ces quartiers appelle une réponse différente.
La première règle que nous appliquons à Lille : l'unité extérieure ne se voit pas depuis la rue. Dans les secteurs protégés, c'est une obligation ; ailleurs, c'est une question de bon sens et de bon voisinage. Nous implantons donc en cour arrière, en fond de jardinet, parfois sur une terrasse haute, jamais en façade sur rue. Quand la configuration l'exige, une déclaration préalable de travaux est déposée, et nous fournissons les pièces nécessaires. Une installation posée sans autorisation dans un périmètre protégé peut se solder par une obligation de dépose.
La deuxième difficulté est l'espace. Une cour lilloise fait souvent quatre mètres sur trois, avec les fenêtres des voisins en vis-à-vis direct. Il faut alors une machine compacte, très silencieuse, posée sur plots anti-vibratiles, avec un dégagement suffisant devant la soufflerie pour éviter le recyclage de l'air froid qui ferait chuter le rendement. C'est le calcul le plus délicat de nos chantiers lillois, et il ne se fait pas depuis un bureau.
En appartement, la copropriété commande. Poser un groupe extérieur touche aux parties communes et suppose un vote en assemblée générale. Nous fournissons systématiquement un dossier technique complet avec le devis : plan d'implantation, niveau de puissance acoustique de la machine, mesure d'émergence prévisionnelle, référence au règlement de copropriété. Cela fait passer des dossiers que des demandes verbales avaient fait rejeter l'année précédente.
Enfin, un mot sur les maisons de ville chauffées au gaz, qui forment le gros de la demande lilloise. Leurs radiateurs sont généralement en fonte, leurs murs mitoyens limitent les déperditions et leurs combles sont souvent déjà isolés. C'est un terrain plus favorable qu'il n'y paraît : une machine de puissance modérée, en basse ou moyenne température selon l'état du réseau, suffit fréquemment. La contrainte est spatiale et administrative, rarement thermique.